NOUVEL ALBUM : A.D.N.

Rose Laurens Chante Pierre Palmande« Personne n’a jamais décidé à ma place », dit d’emblée Rose Laurens.

Et c’est pour cela qu’ADN, son nouvel album, lui ressemble autant : c’est d’elle-même qu’il parle vraiment. On y entend des tendresses, des élans, des rosseries, des désirs personnels et des envies planétaires, de petites rêveries et de grands rêves, des aveux intimes et des humeurs jazz…

C’est le disque que Rose Laurens voulait faire sans savoir avec qui le faire… jusqu’à ce qu’elle rencontre Pierre Palmade. Car c’est lui, auteur célébré de grands classiques de la comédie et acteur adulé depuis des lustres, qui a décidé d’entrer pour la première fois vraiment dans la chanson. Et c’est en écrivant cet album.

« A part le rôle de Fantine dans Les Misérables, où c’est Robert Hossein qui m’a élue à l’issue d’une audition mémorable, j’ai toujours choisi. Chaque mot, chaque note de chaque chanson était écrit pour moi. Je travaillais avec une équipe qui était aussi ma famille. » Car Rose Laurens travaillait avec Jean-Pierre Goussaud, son mari. C’est lui le compositeur d’Africa, de Cheyenne, de Quand tu pars, d’Où vont tous ceux qu’on aime ?, d’Écris ta vie sur moi et de tous ses succès dans les années 80. Après son départ pour l’Ailleurs, des années de silence ont reconstruit Rose.

 Alors que les années 80 sont l’objet d’un culte actif, son chemin croise un jour celui de Pierre Palmade. Le comédien avait commencé son ascension à la fin de la décennie, quand Rose Laurens avait décidé de mettre sa carrière entre parenthèses. Quand ils sont invités en même temps dans une émission de télévision nostalgique. Rose se livre :, elle aurait bien aimé travailler avec Pierre. Ils commencent par ne pas se voir dans les coulisses, puis prennent un verre quelques jours plus tard pour rattraper ça. Ils se racontent, se confient, se découvrent étonnamment proches. « À l’époque, nous étions sur deux planètes différentes, Pierre Palmade et moi. Lui, oiseau de nuit ; moi, jeune femme tranquille de la lumière. J’ai découvert un homme délicat, raffiné, avec qui je partageais des conceptions communes de la vie. »

Dans la conversation, surgit l’idée que Pierre écrive des chansons pour Rose. Et pourquoi pas tout un album ? Il a écrit des sketchs, des pièces de théâtre, des spectacles de forme variée… mais jamais de chansons. Seule condition posée par Rose : que tout reflète leurs convergences ;

Quelques jours plus tard, Pierre appelle : il a écrit un premier texte. C’est Je valse seule. L’auteur espère n’avoir pas été trop impudique. Rose le rassure. Cette chanson qui parle avec poésie d’une femme désormais seule, c’est exactement ce qu’elle voulait. Et elle sait précisément comment elle veut l’enregistrer : la voix nue, avec très peu d’instruments. Elle le revendique : « Je veux que l’on entende tout de ma voix, et surtout ma vie. »

L’album commence à ce moment-là. Pierre et Rose choisissent de prendre leur temps, puisque personne ne les attend, puisqu’ils ne travaillent pas sous l’œil d’un label. Ils veulent aussi que toutes les décisions prises sur l’album ne soient guidées que par l’artistique. « Cela a été une nouvelle famille, unie par la générosité et la chaleur, soucieuse de l’exactitude des mots et des notes. Des musiciens inconnus du grand public ou François Bernheim qui a composé trois chansons… »

Sur les textes superbement pesés de Pierre Palmade, Rose a posé une voix heureuse d’avoir des mots si justes. Elle a même fait renaître une musique inédite de Jean-Pierre Goussaud pour le très savoureux Si Dieu était une femme. La nouvelle équipe rassemblée autour de Rose et Pierre a fait d’ADN un album rare et hors du temps, inattendu et radieux. « Un cadeau du destin », dit-elle.

Bertrand Dicale

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